SHOTGUN STORIES
La terre est aride, comme le climat du film, les protagonistes parlent peu, ou seulement pour dire l’important. Comme lorsque l’on annonce la mort d’un père. C’est là, au milieu d’une Amérique oubliée parfois, mais qui existe vraiment, celle de la pauvreté et des champs de coton, que l’histoire se déploie. 3 frères apprennent donc la mort de leur géniteur, l’un arbore des cicatrices qui lui couvrent le dos (des éclats de shotgun), l’autre dort dans une tente, dans le jardin du premier, le dernier vit, de son coté, dans un camion, avec son chien. Leur père a eu 3 autres enfants, propres sur eux, une vie officielle, donc à l’enterrement forcément tout dérape, surtout lorsque les indésirables commettent l’irréparable. Forcément les fils bien aimés ont les nerfs.
2 familles qui se détestent, parce l’une a volé la vie de l’autre. Dans ce film, ce sont les liens du sang qui parlent, viscéralement. La fraternité conduit à la solidarité, et donc à la vengeance lorsque l’un est attaqué.
Premier film d’un gars de 29 ans, Jeff Nichols dirige d’une belle manière cette histoire de vengeance, d’americana, de fatalité, de violence et de Rednecks, ces désœuvrés d’une société qui marginalise une partie des siens.
Shotgun Stories, histoire de frangins qui règlent leurs comptes, vendetta familiale dans les grands espaces poussiéreux , un western shakespearien à voir en DVD.
Régis
“SHOTGUN STORIES“/ (LIBERATION ENT./ZONE 1)



