Par Régis
Metronomy, des nerds anglais, sortent leur premier album, convoquant Hot Chip et Devo, pour une musique érudite et électronique. Et avec elle, ce sont tous les dépressifs qui relèvent le tête.

Metronomy, vous n’êtes sans doute pas passés à coté… Nouveau groupe phare, censé être dans la mouvance Hot Chip, débarque de l’autre coté de la Manche et avec lui, toute une batterie de beats, d’électro-funk brillante et de nerd attitude. Petite précision, ils ont remixé Sébastien Tellier, Franz Ferdinand, Gorillaz, Late Of The Pier… On peut en avoir plein le dos de toutes les pseudo-tendances distillées par le NME, pensez au fluo, aux Klaxons et à toute la scène New-Rave, mais ici nous ne sommes pas dans le même catégorie.
Il faut l’avouer, cet album est bon, très bon. S’ouvrant sur une “intro” démente, “Nights Out” se lance dans une épopée funk, une orgie pour blanc-bec. De la musique un peu putassière à la première écoute, mais qui, si l’on y prête un tant soit peu une oreille attentive, se révèle beaucoup plus profonde, un curieux mélange entre hype et nerd, du fluo à grosses montures, certains diront sans doute que le nerd (à ne pas confondre avec le geek) est décidément très hype ces derniers temps.
La sensation du printemps, c’était MGMT (enfin celle de l’été pour le Mouv’). La sensation de l’automne sera à n’en pas douter Metronomy. Leurs points communs, des textes géniaux, très ironiques, et une utilisation érudite des sonorités électroniques… La déconstruction du rythme rappelle que “Nights Out” a été forgé pour consommer des produits plus ou moins illicites. Certes, cette musique donne le smile, mais n’est pas seulement là pour faire danser (même si elle y arrive très bien). Metronomy, c’est de la cold disco, une musique froide comme un hôpital, et lorsqu’on creuse, on se rend compte que l’on n’est pas dans la chaleur d’une fête branchée mais plutôt dans une clinique éthérée.
Le meilleur titre de l’album, “Heartbreaker”, sonne bien l’ambiance du disque. Un disque dédié à la solitude post-after, lorsque l’on rentre de soirée, les oreilles bourdonnantes de la nuit passée, la descente d’alcool au diapason, l’envie de rentrer mais de ne pas dormir. Pas vraiment un disque grand-public, enfin pas un disque pour un public qui rentre à 23h et toujours accompagné.
Metronomy, une musique blanche et froide, une antithèse à la vague des folkeuses du dimanche, au chic-toc. Une musique cheap, se revendiquant comme telle, assumant sa déprime sous un vernis coloré voir fluo. Une musique qui paradoxalement procure tout autant de bonnes sensations.
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